Déglutition Culturelle an 464

Tout doit être dégluti avant le ../…/……… …
Rendez vous avec vos amis au N 45°30’55.177’’ E 1°12’6.444’’, entrez,
demandez la direction, pénétrez dans la salle, ouvrez les portes des réserves et
servez-vous suivant votre appétit. Disposez la ou les boîtes sur les tables,
mettez vos outils si nécessaire, survolez, assis. Déballez les ingrédients : une
longue déglutition commence, un voyage du nord au sud en passant par l’est
et l’ouest de Saint-Yrieix-la-Perche. Des pauses digestives vous permettront
d’expérimenter une autre façons de déglutir, n’hésitez pas à vous élever, à
l’étage aussi des déglutitions.

Joël Audebert

Publicités

En regard des pratiques de l’art conceptuel et post-conceptuel, mais aussi en écho à celles de l’art minimal, je me suis toujours posé la question du rôle, de l’importance, de l’espace dans les pratiques contemporaines. Comment un espace, quel qu’il soit – public ou privé, extérieur ou intérieur – influe-t-il sur la pratique d’un artiste ? C’est en me posant cette question que très naturellement, j’en suis venu dans un premier temps à développer des projets curatoriaux, puis à écrire sur ces mêmes questions qui m’animent.
Dès mes premiers projets en tant que curator, j’ai fait le choix de travailler à partir d’un espace modeste, connu de tous et facilement reproductible, une feuille de papier A4. Dès lors, toute une série de questions se sont posées à moi : l’invitation, la production, la distribution, la réception… des questions, qui des années plus tard me semblent toujours d’actualité et ne cessent de m’animer.
Suite à l’invitation faite par Didier Mathieu à venir en résidence de recherche au CDLA à l’automne 2017, j’ai de suite voulu travailler sur deux pratiques spécifiques de l’édition, à savoir l’espace éditorial comme espace curatorial, et l’idée de l’auteur comme producteur de son propre espace. Dès le début de la résidence, je me suis donc fixé l’objectif de mener une recherche sur les différentes formes et enjeux que chacune de ces notions pouvaient créer – la première me conduisant alors vers un long travail d’écriture et de mise en place d’un répertoire des « livres/expositions « et la seconde vers une étude des formes mises en place par les artistes pour se créer des espaces de partage propres à leurs pratiques. Cette dernière donne alors suite à une exposition construite durant la résidence et présentée au CDLA.

 

Après l’obtention d’un DNSEP en art en 2013, Alex Chevalier a décidé, et ce, en regard d’une certaine histoire de l’art, mais également envers ses propres préoccupations, de mener une pratique artistique ainsi qu’une pratique curatoriale. En effet, s’interrogeant sur les lieux d’action et d’exposition des artistes ainsi que sur le rôle (et l’importance) de l’espace dans les pratiques contemporaines, Alex Chevalier développe une pensée péninsulaire qui considère chaque espace pour son potentiel conceptuel. Aussi, que ce soit ces espaces qu’il appelle «espaces quotidiens» (comme peuvent l’incarner la feuille de papier, le livre, la rue…), mais aussi les espaces dédiés à l’exposition (de type white cube), chacun est utilisé et travaillé selon les contraintes et possibilités curatoriales et intellectuelles que ce dernier offre.
Dans ce souci de travailler avec les artistes sur des formes de monstration spécifiques, chacun des projets qu’il met en place, trouve une forme qui varie selon le propos défendu dans chacun d’entre eux. Aussi, depuis 2012, Alex Chevalier a eu l’opportunité de mener des projets dans l’espace public (Hors Des Murs), sur des territoires familiers comme peuvent l’être la feuille A4 (Kontakt), le livre (Les Invisibles) ou encore le site internet (artmusicvideo), ainsi que dans des espaces dédiés à la monstration et aux rencontres avec un public (Répétition – Silence, Le Rythme des Choses…). Une pratique curatoriale qui se passe donc dans la réappropriation des espaces et par laquelle il provoque des rencontres artistes-artistes / artistes-publics / œuvres-espaces / corps-espaces et qui s’adaptent aux différentes contraintes (techniques, sociales, géographiques et économiques) que chacun des espaces imposent.

Marianne Mispelaëre ici présente, travaillera au cdla en ce mois de juin, bénéficiant de la seconde résidence de recherche de l’année. Elle vit et travaille à Saint-Ouen, elle est artiste (fraîchement lauréate du prix Salon de Montrouge – Palais de Tokyo) et éditrice (Pétrole Éditions). Epaulée de l’historien d’art et philosophe Horst Bredekam et de la philosophe Hannah Arendt qui tentent respectivement de comprendre comment l’image et le langage précèdent l’action, Marianne Mispelaëre suivra l’instinct de Marguerite Duras lorsqu’en 1985 elle parlait de l’an 2000 en ces termes  : « un jour un homme ouvrira un livre et tout recommencera ». Cette résidence se veut le point d’ancrage d’un projet qui se réalisera dans le Dakota du Nord, Etats-Unis, en août prochain.

C’est Audrey Ohlman (au centre) qui inaugure actuellement la première saison de résidences de recherche que propose le Cdla. Audrey Ohlman vit et travaille à Strasbourg et poursuit un cursus universitaire en master à l’Université de Rennes 2. Dans le cadre de la résidence elle développera un projet lié aux pratiques plastiques éditoriales, plus particulièrement autour des éditions Something Else Press de Dick Higgins et eschenau summer press de herman de vries. Elle étendra sa recherche au format particulier de la revue, ancrant son travail mené chez Pétrole Éditions au sein d’une communauté. www.petrole-editions.com

Alexia Tessier (à gauche) et Camille Gallo qui étudient en master 2 pro « Edition d’art et livre d’artiste » à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne sont en stage au Cdla jusqu’à la fin juillet.
Photo prise à l’Ensa de Limoges le mardi 11 avril vers 18 h 30.